Comment choisir !

Pour le premier cycle de la cinémathèque consacré aux grandes actrices françaises, il nous fallait faire un choix, et c’est à nos amis néerlandais que nous avons demandé de désigner l’actrice comtemporaine qui représentait le mieux le cinéma français. Elisabeth Huppert, Catherine Deneuve, Romy Schneider (française d’adoption), ont été bien sûr tout de suite été évoquées mais c’est Isabelle Adjani qui a réuni le plus de suffrages, tant pour ses grands rôles les plus connus que pour ses tous premiers films. Nous avons donc retenu quatre films parmi les plus représentatifs de son immense talent.

Adolphe, 2002

De Benoit Jacquot

Le 7 mars à 19 heures & Le 14 mars à 13 heures

Une adaption réalisée par Benoit Jacquot du roman éponyme de Benjamin Constant. L’action se passe vers 1800, sous le Consulat. Issu d’une bonne famille de province et promis à un avenir brillant, Adolphe, 24 ans, se complaît pour le moment dans le désœuvrement et l’oisiveté. Un jour, son regard croise celui d’Ellénore, respectable comtesse. Sans trop savoir pourquoi, Adolphe décide de séduire cette femme belle et vulnérable.

“Adjani voulait faire Adolphe, elle voulait jouer Ellénore, et elle avait raison : personne ne sait comme elle mourir d’amour.” Marie-Noëlle Tranchant, Le Figaroscope

avec le soutien de l’Institut français

 Lire la fiche

La Gifle, 1974

De Claude Pinoteau

Le 21 mars à 19 heures & Le 28 mars à 15 heures

La gifle donnée par Lino Ventura à Isabelle Adjani.
“Cette scène a rendu culte le film de Claude Pinoteau et inspiré deux décennies de rébellion adolescente au cinéma. 1974, Valéry Giscard d’Estaing battait de peu François Mitterrand à la pré­sidentielle, l’équipe des Pays-Bas de ­Johan Cruyff (et oui!) s’inclinait devant l’Allemagne en finale de la Coupe du monde de foot et Isabelle Adjani prenait une claque de Lino Ventura. Pour la première fois en France, une héroïne adolescente s’élevait contre l’autorité paternelle traditionnelle : « Je veuuuux arrêter mes études de médecine, je veuuux la ­liberté ! » « Mais ce n’est pas un métier, ça », répondait le père agacé, dans son costume-cravate. Puis elle visait là où ça fait mal, montait dans les aigus, et paf, la baffe partait : un grand acteur ancien lutteur filait une tarte magistrale à la future star, et Claude Pinoteau ­empochait le prix Louis-Delluc pour cette comédie de moeurs coécrite avec Jean-Loup Dabadie.“
Guillemette Odicino, Télérama (21/11/2016)

Réservez | Lire la fiche

Camille Claudel, 1988

De Bruno Nuytten

Le 4 avril à 19 heures & Le 11 avril à 15 heures

Une des interprétations les plus inspirées d’Isabelle Adjani, superbe dans le rôle de cette femme exceptionelle, artiste à en perdre la raison. Camille Claudel voue ses jours et ses nuits à sa passion, la sculpture. Soutenue par son père et son frère Paul, elle rêve d’entrer dans l’atelier du grand maître Auguste Rodin. Après lui avoir démontré son talent et sa détermination à travailler avec lui, Rodin l’engage comme apprentie. Camille tombe rapidement éperdument amoureuse du maître. Leur collaboration artistique se transforme en une orageuse liaison. Inspiratrice du sculpteur, Camille vit longtemps dans son ombre. Sujette à des crises de paranoïa, elle est internée en 1913…
“L’opposition entre Adjani, tourbillonnante, et Depardieu, marmoréen, est magnifique… un film d’auteur, dense et complexe, qui fuit le romanesque.”
Aurélien Ferenczi, Télérama, 31/01/2015

avec le soutien de l’Institut français

Réservez | Lire la fiche

La Reine Margot, 2013

De Patrice Chéreau

Le 18 avril à 19 heures & Le 25 avril à 15 heures

« C’est avec La Reine Margot que j’ai appris à faire du cinéma », Patrice Chéreau

Sorti en 1994, le film a obtenu cette année-là le prix du jury au Festival de Cannes mais il a reçu de la critique un accueil contrasté. Il reste le plus grand succès public du réalisateur.

Belle, catholique, Marguerite de Valois, est la soeur du roi qui l’a surnommée Margot. Henri de Navarre est protestant, il est mal dégrossi et sent l’ail. Leur mariage est une manoeuvre politique qui vise la réconciliation des Français qui se déchirent dans d’atroces guerres de religion.

La beauté fragile d’Adjani, l’esthétique des images baignées de rouge, la magnificence des décors et des costumes, la violence mise à nu jusqu’au massacre final, la Saint-Barthélemy tout concourt à faire de ce film une œuvre à part, majestueuse et sanglante.

(Vanity Fair, 18.12.2014)

Réservez | Lire la fiche